Le blé noir ou sarasin sert à faire les galettes bretonnes , complètes , saucisses ...
Nous en semons quelques centaines de m2 vers le 15 juin et le récoltons en septembre
Nous le battons puis nettoyage au tarrare ( ou van )
Ensuite il peut etre broyé en farine en conservant l'écorse et le germe et on peut faire les galettes à partir d'octobre
Le nettoyage du blé noir avec le tararre à été effectué cet hiver, le but est d'enveler les poussières et autres saletés ainsi que les graine trop légère. Le calibrage des graines se fait avec un trieur et permet de sélectionner les graines par tailles et utiliser les plus grosses comme semence pour la prochaine culture, le tararre (également appelé "van" ou "vannette" est composé d'un système de ventilation et de vibration, le trieur est constitué d'une succession de grillage cylindrique de trame différente.
Le sarrasin, appelé aussi blé noir, est une plante annuelle de la famille des Polygonacées, cultivée pour ses graines consommées en alimentation humaine et animale. Bien qu'utilisé comme céréale, le sarrasin n'est pas une graminée et malgré son appellation courante de « blé noir », ce n'est ni une variété de blé ni une céréale. Il est dépourvu de gluten, ce qui le rend non panifiable mais utilisable dans la confection de produits destinés aux personnes intolérantes au gluten
Base de l'alimentation
Le blé noir a conservé une image culturelle forte en Bretagne. Originaire d'Asie, son apparition remonte aux croisades. Les
Bretons se sont rapidement appropriés le blé noir. Du XVIIème au XIXème siècle, c'est la principale culture vivrière de la population bretonne et la base de son alimentation sous forme de
bouillie, de galettes ou de crêpes. Dans les années 1800, cette culture couvrait plus de 300 000 ha bretons. Les paysans réservaient alors le blé (froment) au paiement des impôts et le blé noir
(sarrasin) à leur propre alimentation.
Le blé noir a commencé à décliner vers 1860. Le chaulage a permis de produire d'autres céréales, en améliorant les terres acides. La prédominance de la pomme de terre, l'utilisation des engrais,
des herbicides et l'apparition du maïs ont donné un coup de grâce à la culture
Relance depuis 20 ans
Depuis 1988, le blé noir retrouve peu à peu ses lettres de noblesse sur les tables bretonnes.
"Son retour dans la région est lié à une poignée d'hommes qui ont cru dans l'avenir de la culture"; explique Roland Convers, producteur à Lescouët-Gouarec (22). Le marché est essentiellement
breton (on en consomme 8 000 t/an dans la région). La production locale est insuffisante pour faire face à la demande, ce qui a engendré des importations en provenance de Chine (de l'ordre de 10
000 t par an).
Mise en place d'une IGP
"Quelques crêpiers nous ont dit "nous voulons, sur nos tables, des crêpes à base de blé noir produit en Bretagne".
Producteurs, collecteurs et meuniers se sont regroupés, il y a 20 ans, au sein de l'association "Blé noir Tradition Bretagne". “Ils se sont engagés dans un plan de relance qui a abouti à la mise
en place d'une IGP (identification géographique protégée)", poursuit R. Convers. Après 7 ans de tergiversation au niveau national, le dossier IGP avance puisque le décret français est paru en
2006 et les instances européennes devraient bientôt officialiser la démarche.
Cette IGP permet de contrôler l'utilisation de l'image de la Bretagne. Pour pouvoir apposer le logo IGP sur les sacs, le blé noir doit être "cultivé, récolté, moulu et ensaché en Bretagne". La
surface de blé noir "tradition Bretagne" tourne autour de 1 500 ha, produits selon un cahier des charges précis et contrôlé par un organisme certificateur. Certaines coopératives ont développé
des créneaux particuliers, notamment l'utilisation du blé noir pour la fabrication de whishy breton. Globalement, la surface bretonne tourne autour de 4 000 à 5000 ha.
Un arôme naturel
Quelques moulins bretons ont conservé le principe de meunerie traditionnelle. Les participants à la journée découverte ont pu
visiter le moulin de Nicol, de Xavier Darcel, à Ploërdut (56). Situé sur le Scorff, ses meules en pierre sont actionnées par une roue à godets. "Le moulin date de 1664. L'activité a cessé depuis
1996 mais il fonctionne épisodiquement, pour que la roue en bois conserve son humidité", explique Xavier Darcel. Il y a 40 ans, 25 moulins jalonnaient le Scorff jusqu'à Lorient.
Les crêpiers apprécient cette farine, l'incidence sur le coût d'une crêpe ne dépasse par 1 ct d'euro. Grâce aux procédés traditionnels utilisés dans les moulins, le blé noir conserve toute sa
fraîcheur et son arôme naturel. Chaque meunier a son type de farine, lié notamment à la finesse de mouture. Du côté de Dinan, elle est plus grise que celle du pays bigouden. Riche en protéines
mais pauvre en lipides, le blé noir contient tous les acides aminés essentiels, les minéraux, les vitamines. Il ne contient pas de gluten et convient à tous. Du beurre jusqu'aux fruits de mer, en
passant par les classiques jambon, oeuf, la crêpe de blé noir accepte toutes les garnitures sans perdre l'arôme caractéristique qui fait son charme.
Journal Le Paysan Breton
Patrick Bégos
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